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     Faut-il avoir peur de l'aspartame ?

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    AuteurMessage
    le.cricket
    Admin
    Admin


    Messages: 5832
    Date d'inscription: 23/09/2010
    Age: 60
    Localisation: Mont de Marsan - 40000 - France

    MessageSujet: Faut-il avoir peur de l'aspartame ?   Mar 17 Mai - 12:13

    Faut-il avoir peur de l'aspartame ?

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] border="0" alt="" />

    Dans les sucrettes, les sodas light ou les chewing-gums : l'aspartame
    entre dans la composition de nombre de produits. Est-il vraiment
    inoffensif ?





    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] style="width: 180;height: 250" border="0">
    Parmi les composants
    de l'aspartame, le
    méthanol fait débat.

    Qu'y
    a-t-il donc dans cette petite sucrette blanche et ronde que vous faites
    tomber tous les matins dans votre café et dont le pouvoir sucrant est
    200 fois supérieur à celui du sucre ? Regardons-y d'un peu plus près...
    L'aspartame est composé à 50 % de phénylalanine. Cet acide aminé pose trois problèmes. -
    D'abord, on estime qu'1 personne sur 16 000 souffre de
    phénylcétonurie : leur organisme n'est pas capable d'éliminer l'acide
    aminé tel que prévu. Il va donc s'accumuler dans le cerveau notamment et
    venir endommager les neurones de l'enfant (on est allergique dès la
    naissance), créant ainsi des troubles mentaux. - Moins grave :
    consommée en grande quantité, la phénylalanine peut provoquer des
    troubles intestinaux type diarrhée. Elle est en effet connue pour ses
    propriétés laxatives. - Mais, surtout, certains défenseurs des
    droits des citoyens dénoncent le potentiel cancérigène de cette
    substance, ainsi que de l'acide aspartique, entrant pour 40 % dans la
    composition de l'aspartame. La phénylalanine est présente à l'état
    naturel dans de nombreux aliments. Sauf que dans l'aspartame, elle n'est
    "accrochée" à aucune protéine et va donc se retrouver à l'état libre
    dans l'organisme. Or, à 30°C ou plus, elle se transforme en
    dicétopipérazine, ou DKP, une substance que certains scientifiques
    soupçonnent d'être cancérigène. Autre élément suspecté d'être néfaste pour la santé : le méthanol, qui représente 10 % de la composition de l'aspartame.
    Lui aussi est présent dans les aliments naturels comme les légumes, en
    grande quantité parfois. Mais il y est alors associé à de l'éthanol, qui
    contrecarre son effet nocif. Faute de quoi, il est transformé dans
    l'organisme en formaldéhyde, une substance reconnue comme étant
    cancérigène.




    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] style="width: 250;height: 165" border="0">
    De nombreux médicaments
    contiennent également de
    l'aspartame.


    Vous vous dites que toute cette histoire ne vous concerne pas,
    puisque vous, vous prenez du vrai sucre dans votre café du matin ?
    Détrompez-vous : l'aspartame se retrouve dans beaucoup de produits et il
    faut parfois savoir déchiffrer les étiquettes pour le repérer.

    Il y a bien sûr les célèbres petites sucrettes que tout le monde connait. Elles
    sont largement publicisées et utilisées dans le cadre de régimes
    amaigrissants ou de diabète, puisque le principal avantage de
    l'aspartame par rapport au sucre est son aspect non calorique.

    Vous connaissez aussi, forcément, toutes ces boissons "light". Sodas gazeux mais aussi certains jus et autres boissons que l'on est tenté de consommer sans modération puisque non caloriques.
    La plupart des chewing-gums, aujourd'hui, doivent leur goût sucré à l'aspartame et non à du vrai sucre, prévention des caries et du surpoids obligent.
    Les produits "light" ont également remplacé le sucre par l'aspartame. Yaourts aromatisés, crèmes glacées et autres produits laitiers, chocolat light (!) et même des bonbons sans sucres.
    Plus surprenant : de nombreux médicaments contiennent
    eux aussi de l'aspartame. Eh oui, les molécules actives et excipients
    de base seuls auraient si mauvais goût que vous, et surtout vos enfants,
    rechigneriez vraiment à les avaler. Pour faire passer la pilule, les
    fabricants rajoutent donc du "bon goût", souvent sucré. Et comme ils ne
    veulent pas mettre du vrai sucre, ils utilisent assez souvent de
    l'aspartame.
    Comment déterminer si le produit que vous vous apprêtez à consommer contient ou non de l'aspartame ?
    Seule solution : lire attentivement l'étiquette. Si vous avez de la
    chance, le produit sera mentionné en toutes lettres. Sinon, vous devez
    scruter parmi les additifs alimentaires. L'aspartame sera alors estampillé E951.








    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] style="width: 250;height: 163" border="0">

    Migraines, crampes ou même
    troubles neurologiques... La
    FDA a reçu plus
    de 10000
    plaintes de consommateurs
    qui estiment leurs symptômes
    liés à
    l'aspartame.

    Si
    l'aspartame défraie la chronique depuis quelques mois, les effets
    secondaires qu'on lui impute ne datent pas d'hier. Pratiquement depuis
    sa mise sur le marché américain, en 1982, la Food and Drug
    Administration (FDA), chargée de donner son aval pour la mise sur le
    marché des produits alimentaires, a reçu pas moins de 10 000 plaintes
    concernant des symptômes que les consommateurs estimaient liés à
    l'aspartame. La liste a été rendue publique en 1995, au nom de la
    liberté d'information. Plus de 90 symptômes y sont répertoriés.
    Reprenons quelques-uns des plus courants. Maux de têtes et nausées. Les crampes
    sont fréquemment citées. "Elles peuvent durer des heures parfois",
    commente Corinne Gouget, auteur de l'ouvrage "Additifs alimentaires"
    paru chez Dangles et membre de l'association Mission possible, fondée
    pour dénoncer les méfaits supposés de l'aspartame. Fatigue, insomnie, troubles de la mémoire... Troubles de l'humeur, hyperactivité et instabilité. Irruptions cutanées, perte de cheveux. Crampes abdominales, diarrhée... Certains consommateurs rapportent même des crises d'épilepsie ou des pertes de vision liées, selon eux, à l'aspartame. Sans compter "les enfants qui naissent prématurément et avec de gros retards mentaux", estime Corinne Gouget. Et
    ce que l'on reproche peut-être le plus souvent à l'aspartame : son
    aspect cancérigène. On lui impute notamment le développement de
    certaines tumeurs du cerveau et de lymphomes.




    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] style="width: 200;height: 279" border="0">
    L'Institut Ramazzini a
    étudié les conséquences
    de l'ingestion
    quotidienne d'aspartame
    sur les rats.


    Plusieurs équipes de chercheurs ont tenté, depuis des années, de
    tester l'aspartame pour prouver ou invalider son inocuité. Parmi les
    plus assidus, se trouve l'institut Ramazzini, qui a notamment publié
    deux études relativement inquiétantes. La journaliste Marie-Monique
    Robin les relate dans son livre "Notre poison quotidien". L'institut
    italien possède une particularité qui fait toute la différence : au lieu
    d'euthanasier les rats 24 mois après le début de l'expérience, il les
    laisse mourir de leur belle mort. Ce qui permet de suivre le
    développement éventuel de problèmes de santé jusqu'au bout.
    Une première étude, en 2006, a ainsi permis de montrer qu'en fin de vie, les
    rats ayant absorbé tous les jours de l'aspartame développaient plus que
    la moyenne des lymphomes, des leucémies, des tumeurs rénales et des
    tumeurs du nerf crânien.
    Le tout dès une dose de 20 mg
    d'aspartame par jour et par kilogramme, soit moins que la dose
    journalière admissible (50 mg par kilogramme aux Etats-Unis, 40 en
    Europe).
    Soumise à l'autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa),
    cette étude a été rejetée au motif que les rats en fin de vie
    présentaient des troubles respiratoires qui, selon les experts de
    l'Efsa, auraient pu induire le développement de tumeurs. Sauf que le
    groupe témoin souffrait du même syndrome respiratoire (logique, puisque
    les rats étaient âgés, expliquent les chercheurs à la journaliste
    Marie-Monique Robin) et n'a pas développé de tumeurs.
    L'Institut Ramazzini publie en 2007 une
    seconde étude, qui s'intéresse cette fois aux rates en gestation et,
    surtout, à leur descendance. Les futures mamans ont absorbé des doses
    quotidiennes d'aspartame comprises entre 20 mg/kg et 100 mg/kg.
    Conclusion de l'étude : lorsque l'exposition commence pendant
    la vie fœtale, le risque de développer les tumeurs observées pendant la
    première étude augmente de manière très significative
    . Par ailleurs, les descendantes femelles développaient des tumeurs mammaires.
    Cette fois, l'EFSA a justement argué que l'étude n'était pas fiable
    puisque ce symptôme n'apparaissait pas lors de la première étude. Un
    argument qui a surpris les chercheurs italiens puisque, par définition,
    ils cherchaient à vérifier si l'exposition in utero avait un impact
    supérieur à l'exposition "classique"...




    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] style="width: 250;height: 163" border="0">

    Selon l'étude danoise, la
    consommation régulière de
    boissons gazeuses
    édulcorées
    entraînerait un risque accru
    d'accouchement prématuré,

    déclenché pour raison
    médicale.


    Une autre étude européenne a défrayé la chronique cette année, en
    provenance du Danemark et publiée fin 2010 dans l'American Journal of
    Clinical Nutrition. Le chercheur Thorhallur Halldorsson s'est ainsi
    appuyé sur une cohorte de près de 60 000 femmes enceintes, suivies entre
    1996 et 2002, suivies dans un but scientifique plus général. Lui s'est
    penché sur leur consommation de boissons gazeuses et non-gazeuses,
    informations recueillies dans le cadre d'un questionnaire sur
    l'alimentation qu'elles devaient remplir.
    Il a étudié la consommation de :
    boissons gazeuses avec vrai sucre
    boissons gazeuses avec édulcorant
    boissons non-gazeuses avec sucre
    boissons non-gazeuses avec édulcorant.
    Il apparaît, selon ses conclusions, que la consommation d'au moins une boisson gazeuse édulcorée par jour augmente le risque d'accouchement prématuré de 29 %. Un risque qui grimpe à 78% lorsque la consommation est d'au moins quatre boissons de ce type par jour !
    La différence existe également pour les boissons non-gazeuses mais
    elle est moins marquée : entre 11 % et 29 % de risque supplémentaire
    d'accouchement prématuré.
    "De plus, ces naissances prématurées sont des accouchements déclenchés pour raison médicale,
    note la gynécologue Marianne Buhler. C'est donc potentiellement plus
    inquiétant. Cette étude nécessite des recherches plus approfondies. Il
    faudrait notamment connaître les raisons qui ont poussé les médecins à
    déclencher ces accouchements."




    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] style="width: 200;height: 233" border="0">
    C'est par hasard qu'un
    chercheur de chez
    Searle a "découvert"
    l'aspartame.


    Comme beaucoup d'inventions du quotidien, l'aspartame n'aurait jamais
    vu le jour sans... Le hasard ! Eh oui : un chimiste de la société
    Searle travaillait en réalité à la fabrication d'un médicament contre
    les ulcères. Un jour, renversant un peu de la préparation sur sa main,
    il la lèche et réalise que le produit est très sucré et présente
    exactement le même goût que le sucre naturel. A une exception de taille
    près : ce produit est sans calories ! La compagnie ne tarde pas à
    réaliser la véritable aubaine commerciale que pourrait représenter
    l'aspartame.
    Dès 1967, la Searle entreprend donc des études afin de prouver l'innocuité de l'aspartame
    pour pouvoir le commercialiser en tant que produit de l'alimentation.
    Sauf qu'il semble que cela ne soit pas si facile que cela. La
    journaliste Marie-Monique Robin s'est procuré des correspondances entre
    les responsables de la Searle et des scientifiques de la compagnie. Elle
    en publie des extraits dans son ouvrage "Notre poison quotidien", qui
    font un peu froid dans le dos.
    "Nous devons anticiper sur les facteurs qui risquent de poser
    le plus de problèmes à la FDA en déterminant lequel d'entre eux en
    posera le moins
    .
    (...) Lors de notre rencontre avec les
    représentants de l'agence, notre philosophie et notre démarche de base
    doivent être de les amener à dire oui (...) en créant une atmosphère
    positive à notre égard. (...) Ma première inquiétude concerne le DKP et
    le manque de données toxicologiques complètes à ce sujet. Je propose
    que nous leur présentions une série de postulats de manière informelle
    et qui ne nous engage pas, en essayant de les convaincre que ces
    postulats sont justes." Question éthique, on a déjà vu mieux ! Essor fulgurant

    Quand
    il apprend que la Searle compte commercialiser un édulcorant contenant
    de l'acide aspartique, le scientifique John Olney fait part à la
    compagnie d'une étude qu'il avait réalisée concernant les méfaits de
    cette substance. Et teste l'aspartame sur des rats, observant les mêmes
    dégâts cérébraux qu'avec l'acide aspartique. C'est avec surprise qu'il
    découvre quelque temps plus tard, en 1974, que le produit est sur le
    point d'être approuvé pour être utilisé dans les produits secs.
    Plusieurs chercheurs, dont John Olney, s'étranglent en apprenant cela.
    Un recours est déposé auprès de la FDA, obligeant l'agence à rendre ses
    données publiques. Parallèlement, l'organisme crée un groupe de travail
    spécial chargé d'étudier de plus près la validité des études fournies
    par la Searle. Le rapport de 500 pages est accablant. Mais après
    plusieurs années de tergiversations (voir le chapitre suivant), la
    commercialisation de l'aspartame aux Etats-Unis est finalement approuvée
    en 1982.
    L'aspartame est officiellement né. Il va bientôt connaître un essor
    fulgurant. Aujourd'hui, il entre dans la composition de plus de
    6 000 produits alimentaire et 500 médicaments. Pas moins de 200 millions
    de personnes en consomment régulièrement de par le monde.




    Pour comprendre comment l'aspartame a obtenu une autorisation de
    mise sur le marché aujourd'hui remise en cause par certains
    scientifiques, allons d'abord voir d'un peu plus près comment la FDA
    procède pour valider la commercialisation d'un produit.
    "Des rats sont morts puis ont été réintégrés à l'étude quelques semaines plus tard"
    La
    compagnie qui souhaite mettre en vente un nouveau produit alimentaire
    doit, en premier lieu, fournir la preuve de son innocuité. Elle doit
    pour se faire réaliser des études scientifiques très cadrées, qui vont
    montrer que le produit n'est pas dangereux. Elle soumet alors à
    la FDA le résultat de ces études, ainsi que la démarche qui a été
    nécessaire pour y parvenir. La FDA va alors étudier les conditions de
    réalisation de l'étude, les résultats, poser des questions
    supplémentaires si besoin. Au terme de sa réflexion, elle rendra sa
    décision d'autoriser ou non ce nouveau produit. En cas de doute, elle
    peut aussi demander des informations complémentaires, voire que de
    nouvelles études soient conduites. Le problème, c'est que
    ces études d'innocuité coûtent extrêmement cher à réaliser, plusieurs
    millions, voire dizaines de millions, de dollars.
    Qui peut
    consacrer une telle somme dans le simple but d'autoriser un produit ? Eh
    oui, les compagnies qui souhaitent les commercialiser ! On comprend,
    bien, pourtant, le léger conflit d'intérêt inhérent à la situation.
    C'est exactement ce qui s'est passé dans le cas de la Searle et de
    l'aspartame : toutes les études fournies pour prouver l'innocuité du
    produit ont été financées par la Searle. Erreurs surprenantes

    En
    revanche, au fil des ans, de nombreux scientifiques se sont intéressés
    aux effets potentiels de l'aspartame sur la santé et ont eux-mêmes
    conduit des études sur ce produit. Sans passer par un processus
    d'autorisation de mise sur le marché, ces études coûtent moins cher et
    sont donc réalisables par des laboratoires indépendants. Des chercheurs
    américains ont ainsi recensé 166 études sur le sujet. Les 74 commandées
    par l'industrie concluaient toutes, sans exception, à l'innocuité de
    l'aspartame. 92 études indépendantes étaient recensées, dont 85
    concluaient que l'aspartame pouvait comporter un ou plusieurs risques
    pour la santé.
    C'est ce qu'on appelle le "funding effect" : dès
    lors que les études sont financées par l'industrie, la probabilité pour
    que les conclusions soient favorables à l'entreprise augmente de façon
    très sensible. Le cas "aspartame" va même plus loin : en
    lisant les études de Searle, on s'aperçoit aussi de quelques erreurs
    pour le moins surprenantes qui n'ont pas semblé poser problèmes à la
    Searle.
    Prenons deux exemples parmi les plus parlants :
    plusieurs rats ont été opérés de tumeurs cérébrales au cours de
    l'étude puis y ont été réintégrés ! Sans compter ceux qui ont été
    déclarés morts, puis ont été remis dans l'étude pendant plusieurs
    semaines, avant de mourir une seconde fois. Des "approximations" qui
    sèment le doute quant au sérieux et à la fiabilité de ces études.




    Au fil de leurs investigations, le Dr Betty Martini, ancienne
    infirmière militant contre l'aspartame, et la journaliste Marie-Monique
    Robin ont chacune dévoilé, également, un volet politique de cette
    "Affaire Searle".
    "Les conclusions ont changé et il semble désormais que l'aspartame soit considéré comme sûr"
    Suite
    au rapport du comité d'experts qui avait été créé au sein de la FDA
    pour étudier, entre autres, les dangers potentiels de l'aspartame,
    l'organisme américain porte plainte contre la Searle en 1977 pour
    "rétention de données et fausse déclaration". Une première ! Sauf qu'un événement majeur va venir perturber le cours de la procédure. Donald
    Rumsfeld (oui, l'homme politique que l'on connait tous depuis son
    passage dans l'administration Bush Junior) est nommé PDG de la Searle

    cette même année. Il commence par débaucher le procureur de l'Illinois
    qui devait juger l'affaire et l'engage en tant qu'avocat pour la
    compagnie, avant de faire de même avec le suivant, qui avait entretemps
    laissé traîner l'affaire. Entrée dans l'administration Reagan

    En
    1979, le FDA crée une commission d'enquête publique sur l'aspartame
    afin de relancer l'affaire. Les conclusions des scientifiques, rendues
    en 1980, sont sans appel : "L'utilisation de l'aspartame dans
    les aliments doit être interdite tant que la question de son éventuel
    potentiel cancérigène n'a pas été résolue par de nouvelles études."
    Oui
    mais voilà : cette même année, Don Rumsfeld rejoint la toute nouvelle
    administration Reagan, tout en restant président de Searle. Quelle est
    sa mission au sein du gouvernement ? Restructurer le ministère de la
    Santé dont dépend la FDA ! C'est d'ailleurs lui qui nomme Arthur Hayes
    nouveau directeur de cette administration. Six mois plus tard,
    l'aspartame obtient son autorisation de mise sur le marché. Les conclusions ont changé et il semble désormais que ce "faux sucre" soit considéré comme sûr, contrairement à ce qui avait pu être supposé par le passé.




    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] style="width: 250;height: 153" border="0">

    Ailleurs dans le monde, les
    autorités sanitaires se sont
    basées sur les
    études de Searle
    et la décision de la FDA pour
    autoriser l'aspartame.


    Bien. L'approbation de l'aspartame par la FDA a peut-être été, sinon
    trop rapide (presque 8 ans, tout de même), du moins sujette à caution.
    Mais aujourd'hui, le produit est en circulation dans la plupart des pays
    du globe. N'est-ce pas la preuve qu'il s'agit là d'une substance sûre
    et sans danger ?
    Pas précisément. Comment ces pays ont-ils décidé d'approuver l'usage de l'aspartame sur leur territoire ?
    Ils se sont contentés de suivre l'avis de la FDA, en reprenant les
    études contestées de Searle qui avaient servi à valider le produit !

    C'est d'abord l'Europe qui a autorisé l'aspartame sur son territoire,
    puis les autres pays ont emboîté le pas, sans mener une quelconque
    investigation supplémentaire, se contentant des études de Searle. DJA diminuée

    Bizarrement, on note tout de même que la dose journalière admissible (DJA) a été revue à la baisse en Europe :
    on passe de 50 mg/kg à 40 mg/kg. Ceci dit, plus personne ne sait
    comment ni pourquoi ce chiffre n'est pas le même qu'aux Etats-Unis.
    Reste le cas particulier du Royaume-Uni. Un article du Guardian, en
    février 1984, révèle un conflit d'intérêt parlant. Le Pr Paul Turner
    était à l'époque à la tête du comité britannique qui a approuvé la
    commercialisation de l'aspartame sur le territoire. Or, ce même
    professeur Turner tenait aussi une chaire de recherche à l'hôpital
    Bartholomew de Londres. Chaire de recherche financée par Synthelabo...
    une firme de Searle !




    "La santé du consommateur n'est-elle pas censée primer sur celle de l'industrie ?"
    Dans
    un premier temps, les deux dernières études en date, italienne et
    danoise, n'ont pas vraiment semblé perturber les autorités sanitaires
    européennes. L'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) et
    l'Agence nationale de sécurité sanitaires de l'alimentation, de
    l'environnement et du travail (Anses) ont toutes deux étudié les
    résultats et les protocoles, avant de conclure que rien n'était
    suffisamment probant pour remettre en cause l'autorisation de mise sur
    le marché de l'aspartame. Elles semblaient notamment remettre en cause
    les procédures utilisées par l'institut italien qu'elles jugeaient
    insuffisamment fiables. Et finalement, quelques semaines plus tard : retournement de situation. Tout bien réfléchi, EFSA
    et Anses reviennent sur leurs positions. Elles annoncent la mise en
    place d'un groupe de travail, "chargé d'évaluer les bénéfices et les
    risques nutritionnels
    des édulcorants intenses et la nécessité
    éventuelle d'élaborer des recommandations pour les populations
    sensibles, parmi lesquelles les femmes enceintes" ! [b]Principe de précaution[/b]

    L'EFSA
    maintient toutefois que les nouvelles publications "n'apportent pas de
    bases scientifiques suffisantes pour une réévaluation de l'aspartame au
    plan toxicologique" mais souhaite donc "élargir son travail".
    Il
    s'agit d'une avancée notable puisque c'est la première fois depuis la
    mise sur le marché de l'aspartame qu'une agence de sécurité sanitaire
    semble presque prête à revoir sa position. Toutefois, la logique
    du raisonnement échappe aux défenseurs des consommateurs : si on a un
    doute quant à l'innocuité de l'aspartame, pourquoi ne le retire-t-on pas
    du marché, au moins jusqu'à ce qu'on ait pu prouver qu'il est
    inoffensif ? La sécurité du consommateur n'est-elle pas censée primer
    sur celle de l'industrie ?



    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] style="width: 250;height: 167" border="0">
    Un avertissement sur les
    emballages pourrait bientôt
    aider les femmes enceintes
    à choisir des produits sans
    aspartame.

    "Contient de l'aspartame (source de phénylalanine et pourrait ne pas convenir aux femmes enceintes)" :
    telle est la mise en garde qui pourrait être bientôt apposée sur les
    denrées contenant de l'aspartame. Tel est le résultat du plaidoyer de la
    députée européenne Corinne Lepage auprès du Parlement européen. Cet
    amendement a été adopté récemment par la commission environnement, santé
    publique et sécurité alimentaire. Une vraie victoire pour les
    consommateurs et une belle façon de répondre à l'inertie de l'EFSA, de
    la commission européenne et des Etats membres dans ce domaine", a
    souligné la députée verte. Son "coup de gueule" fait suite à
    l'annoncer des résultats de l'étude danoise qui, rappelons-le, suggère
    que la consommation d'au moins un soda gazeux light par jour augmente le
    risque d'accouchement prématuré. Voilà donc un vrai changement dans la façon d'envisager les choses.
    Mais il faudra encore attendre avant de voir ces petits avertissements
    sur les bouteilles de soda ou les biscuits light. En effet, pour être
    adopté, ce texte doit d'abord être voté en séance plénière puis obtenir
    l'accord du conseil des ministres. Il reste donc du chemin à parcourir
    avant l'éventuelle entrée en vigueur de cette mesure. Ensuite, les fabricants disposeront de trois ans pour se mettre aux normes.




    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] style="width: 250;height: 159" border="0">
    D'autres produits permettent
    aujourd'hui de sucrer son
    café sans sucre.


    Dans le doute, vous préférez vous abstenir de tout produit contenant
    de l'aspartame. Mais vous vous demandez comment faire et, surtout, par
    quoi le remplacer. Voici quelques idées et conseils.
    D'abord, si vous voulez vraiment éviter d'ingérer de l'aspartame, vous allez devoir faire preuve d'une grande vigilance.
    En effet, on en trouve dans plusieurs milliers de produits de
    consommation courante, sans nécessairement se douter qu'ils contiennent
    ce type d'additif alimentaire. Prenons les céréales par exemple :
    nombreux sont les fabricants qui ont remplacé le sucre part l'aspartame,
    afin de les rendre moins caloriques. Seule solution : bien scruter les
    paquets (à la recherche, rappelons-le, de la mention E951, le code de
    l'aspartame pour les additifs alimentaires).
    La seconde mesure, toute simple, c'est d'essayer autant que possible de vous passer du goût sucré
    si vous souhaitez diminuer votre consommation de sucre. Vous pouvez
    tout à fait boire votre thé ou votre café sans sucre, c'est une question
    d'habitude. De même que les yaourts et autres compotes n'ont pas
    nécessairement besoin de sucre pour être bons. Même quand vous concoctez
    des desserts, vous pouvez trouver des recettes où le sucre est réduit à
    la portion congrue.
    Quant aux sodas... Optez plutôt pour un grand verre d'eau quand vous
    avez soif. Et comme les sodas à base d'aspartame, elle contient
    0 calorie. Qui dit mieux ?
    Vous ne pouvez décidément pas vous en passer ? Betty Martini recommande "Just like sugar", un nouveau "faux sucre" entièrement concocté à partir d'éléments naturels et sans additif.
    Sans oublier la fameuse stevia qui
    a débarqué il y peu de temps en France. Attention toutefois, il n'est
    pas rare qu'elle soit transformée et contienne d'autres produits,
    notamment pour lui donner son aspect blanc.




    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] style="width: 200;height: 306" border="0">
    La journaliste Marie-
    Monique Robin épingle
    l'aspartame dans son
    dernier opus,
    "Notre poison quotidien".


    L'aspartame est commercialisé aux Etats-Unis depuis près de 30 ans.
    Les récriminations à son égard sont presque aussi vieilles. Mais les
    choses semblent s'être accélérées depuis plusieurs années, notamment
    depuis que plusieurs journalistes s'en sont mêlés.

    Aux Etats-Unis, c'est l'infirmière
    Betty Martini qui s'est lancée dans des recherches il y a 20 ans, suite à
    la mort d'un proche, qu'elle estimait être liée à l'aspartame. Elle a
    alors créé l'association Mission possible et n'a cessé, depuis, de
    batailler pour communiquer sur les dangers de l'aspartame. C'est
    notamment elle, invoquant la loi sur la liberté d'information, qui a pu
    se procurer des informations confidentielles de la FDA, telles que la
    liste des 92 symptômes rapportés par les consommateurs.
    De nombreux scientifiques, dont
    certains ont d'ailleurs travaillé pour la FDA en leur temps, ont tenté
    de dénoncer le manque de fiabilité des études et la potentielle
    dangerosité du produit. C'est notamment le cas du chercheur John Olney,
    qui a tenté d'alerter les autorités à plusieurs reprises. Soulignons
    également les travaux de la commission Metzenbaum, au sénat américain,
    en 1987, qui a eu le mérite de révéler toutes les incohérences et les
    oublis de la démarche de la FDA. C'est d'ailleurs une ex-employée de la
    FDA, Jacqueline Verrett, qui y a fait l'une des déclarations les plus
    percutantes, dénonçant notamment le manque de professionnalisme des
    études de Searle : "Il est impensable q'un toxicologue digne de
    ce nom, après avoir effectué une évaluation complète et objective de ces
    données, ne conclue pas qu'il est impossible d'interpréter ces études
    et qu'il faut les refaire."

    En 2007, Cori Brackett, une
    journaliste américaine, sort un documentaire qui a depuis fait le tour
    du monde, "Sweet misery, a poisoned world".
    Atteinte depuis
    2002 de sclérose en plaques, elle décide de mener une investigation du
    côté de l'aspartame, pensant que la substance a peut-être joué un rôle
    dans l'apparition de sa maladie, comme dans celle de certains de ses
    proches. Au fil de son enquête, elle découvre notamment comment
    l'édulcorant a pu être approuvé par la FDA et agrémente son documentaire
    de nombreux témoignages de malades qui estiment avoir été empoisonnés
    par l'aspartame.
    En France, la journaliste Marie-Monique
    Robin, célèbre pour avoir dénoncé les pratiques de la firme Monsanto,
    principale productrice d'OGM, fait d'une pierre deux coups. Début 2011, elle sort un nouveau documentaire, "Notre poison quotidien", couplé avec un livre du même nom.
    Elle y dénonce de nombreuses pratiques industrielles qu'elle dit
    dangereuses pour notre santé, et s'intéresse notamment à l'aspartame. La
    journaliste s'étonne notamment de la façon dont l'aspartame a obtenu
    son autorisation de mise sur le marché, ainsi que du manque d'écoute à
    laquelle se trouvent confrontés les scientifiques qui essaient d'alerter
    sur les dangers potentiels de cette substance.
    Corinne Gouget a également
    publié un ouvrage sur les additifs alimentaires, régulièrement remis à
    jour et qui s'est déjà vendu à plus de 100 000 exemplaires.

    Elle est par ailleurs un membre actif de Mission possible en France et
    enchaîne les conférences dans le but de mettre en garde le public sur
    les dangers de l'aspartame ainsi que sur sa présence insoupçonnée dans
    nombre d'aliments du quotidien. En 2008, la journaliste Sylvie Simon
    avait également publié un ouvrage, "Aspartame", reprenant les
    principales accusations à l'encontre de cet additif.





    Le Dr Marianne Buhler est gynécologue, à ce titre, s'intéresse
    beaucoup à l'environnement des femmes enceintes et à ses conséquences
    potentielles. Elle revient sur l'étude danoise et sur ses conséquences
    potentielles.
    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] style="width: 250;height: 176" border="0">

    Pourquoi les femmes
    enceintes prendraient-elles
    des risques potentiels
    plutôt
    que d'appliquer le principe
    de précaution, se demande
    le Dr
    Buhler ?


    Que pensez-vous de l'amendement voté par la commission
    environnement à l'initiative de Corinne Lepage, dans l'espoir d'annoter
    une mise en garde aux femmes enceintes sur les produits contenant de
    l'aspartame ?

    C'est une bonne chose à mon avis. Par le simple fait d'informer les
    gens, on règle une bonne partie du problème, du moins à notre niveau de
    médecins. Ensuite, chacun fait ce qu'il veut, mais en toute connaissance
    de cause.
    Que vous inspire l'étude danoise reliant la consommation de
    boissons à l'aspartame à un taux d'accouchements prématurés plus élevé
    que la moyenne ?

    Je trouve ces conclusions préoccupantes, d'autant qu'on parle d'accouchements déclenchés plus tôt pour raisons médicales.
    Mais il faudra des études plus poussées, pour regarder par exemple
    quelles étaient les raisons de ces déclenchements prématurés. Et puis il
    faudrait mieux comprendre les conséquences possibles de cette prise
    d'aspartame. Il y a par exemple cette étude italienne qui montre que sur
    les rats, la consommation régulière d'aspartame semble augmenter le
    nombre de tumeurs : il faut investiguer !
    En attendant, que conseillez-vous aux femmes enceintes qui viennent vous voir ?
    De ne pas prendre d'aspartame ! Ce n'est pas un médicament, on peut
    s'en passer, alors dans le doute, pourquoi prendre un risque ? Attendons
    d'en savoir plus. Nous n'allons tout de même pas faire comme pour le
    tabac, où nous avons mis 50 ans pour dire aux femmes que fumer pendant
    la grossesse était dangereux pour le bébé !
    Pourquoi une telle inertie, selon vous, puisque l'on a un doute ?
    Il y a une sorte de pression je pense. Lorsque l'étude danoise est
    sortie, j'ai essayé de publier un commentaire dans une revue
    gynécologique spécialisée. On m'a répondu qu'il ne serait pas publié,
    parce que le journal ne pouvait tout de même pas se mettre Coca-Cola à
    dos !
    Comment faire quand on doit éviter le sucre pour des raisons médicales, en cas de diabète gestationnel, par exemple ?
    Il y a toujours moyen de supprimer ou de diminuer le sucre présent
    dans son alimentation sans pour autant le remplacer par autre chose. Il
    faut apprendre à manger moins sucré, tout simplement.
    .../... à suivre
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    MessageSujet: Re: Faut-il avoir peur de l'aspartame ?   Mar 17 Mai - 12:19

    Betty Martini a presque 80 ans. Infirmière retraitée, elle pourrait
    couler des jours paisibles dans sa résidence aux Etats-Unis. Mais non :
    depuis 20 ans elle a fait de la lutte contre l'aspartame son combat, au
    point d'y consacrer sa vie et de répondre à des interviews à des heures
    indécentes. Pourquoi avoir décidé de vous battre pour faire interdire l'aspartame ? J'en
    ai vu les conséquences sur des proches. L'aspartame a des conséquences
    multiples. Il tue des bébés, il provoque des fausse-couches mais aussi
    des maladies dégénératives, du diabète (il interagit avec l'insuline),
    il détruit le nerf optique, c'est un poison ! Il a provoqué une
    véritable épidémie de par le monde et, pourtant, il demeure autorisé
    partout ! Pourquoi les autorités sanitaires ne réagissent-elles pas, si l'épidémie est si avancée ? Parce
    que l'industrie fait pression ! Elle a beaucoup de pouvoir, c'est pour
    ça que le scandale a pu être contenu. Ce que Donald Rumsfeld, alors
    président de Searle, a réussi à faire est tout de même incroyable : il a
    fini par faire approuver un produit dont la FDA reconnaissait pourtant
    dans un premier temps qu'il pouvait être dangereux ! Tout le monde se tait à cause des pressions. On ne peut donc pas s'attendre à obtenir des réponses honnêtes. Comment faire pour que le message passe tout de même ? La
    seule solution, c'est de communiquer via les media et d'aller informer
    les gens, patiemment, pays par pays. C'est pour ça que nous avons nommé
    des correspondants de notre association, Mission possible, dans
    pas moins de 42 pays. Chacun fait des conférences, contacte les médias,
    tente de diffuser le message. Depuis quelques années, heureusement, les
    choses semblent bouger. De quelle façon peut-on éviter de consommer de l'aspartame ? Les
    fabricants n'ont pas partout l'obligation de mentionner clairement que
    le produit contient de l'aspartame. La seule solution sûre à 100 %,
    c'est donc de ne pas consommer de produits transformés : il faut tout
    cuisiner soi-même. Par quoi peut-on remplacer le sucre ? Il
    existe une substance entièrement naturelle, commercialisée sous le nom
    de "Just like sugar", qui n'est pas calorique et dont le goût est le
    même que celui du sucre. Pour moi, c'est sans risque, car il n'y a que
    des extraits d'aliments naturels, sans ajouts.



    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] border="0" alt="" />
    Faire approuver une nouvelle
    substance coûte si cher que
    seul le fabricant a un intérêt
    à effectuer ces études.

    Le
    professeur Nordmann est président du comité scientifique de
    l'Association internationale pour les édulcorants (ISA). Il regrette que
    sa parole de scientifique soit mise en cause du simple fait qu'il
    travaille pour l'industrie. Que pensez-vous de la demande
    de Corinne Lepage d'apposer une mise en garde aux femmes enceintes sur
    les produits contenant de l'aspartame ?
    D'abord,
    soulignons que cet amendement n'a pas encore été validé par le conseil
    des ministres. Il y a donc toutes les chances pour que ce dernier refuse
    et que la mesure soit enterrée. Ensuite, je dirais qu'il s'agit
    là de la part de Mme Lepage d'un abus du principe de précaution, qu'elle
    applique à tort et à travers. Et l'étude danoise qui lui
    a inspiré cet amendement et qui sous-entend que les édulcorants
    augmenteraient le risque d'accouchements prématurés ?
    D'abord,
    cette étude n'est en réalité qu'une observation. Le chercheur s'est
    servi des données recueillies sur une cohorte de 60 000 femmes dans un
    cadre beaucoup plus général. En regardant de plus près, on s'aperçoit
    d'ailleurs que les résultats ne sont pas suffisamment significatifs. Le
    responsable de l'étude a finalement reconnu lui-même que le degré de
    certitude était faible. N'y a-t-il donc rien à retenir de toutes ces études qui ont été publiées ces derniers temps ? Toutes
    ces études, nous les avons faites analyser et nous les avons
    complètement démolies. Pour ne citer qu'un exemple, leur interprétation
    des conséquences du méthanol est complètement erronée. L'absorption de
    méthanol liée à l'aspartame représente à peine un dixième de la
    consommation globale de méthanol. Alors comment expliquez-vous la "fronde" anti-aspartame qui sévit depuis quelque temps ? Je dirais juste qu'elle coïncide avec l'arrivée sur le marché d'autres produits qui ont le goût du sucre sans ses calories... On
    remet également en cause la façon dont la FDA a fini par approuver la
    mise sur le marché de l'aspartame, notamment parce que les études qui
    ont servi à prouver son innocuité ont été réalisées par l'entreprise qui
    voulait commercialiser ce produit...
    Mais c'est
    toujours le cas ! Qui d'autre aurait intérêt à dépenser 200 millions
    d'euros pour développer et faire approuver un additif alimentaire qui ne
    lui appartient pas ? C'est un faux débat ! On a trop tendance à
    opposer la science de l'industrie à la science pure et dure. Il n'y a
    qu'une science et elle doit être rigoureuse, c'est tout ! Aujourd'hui,
    il y a une remise en cause permanente de notre système de référence.
    C'est dangereux car cela entame la confiance du consommateur, qui se met
    à douter de tout ! Je suis toxicologue depuis plus de trente ans et on
    considère que mon expertise ne vaut rien parce que je suis rémunéré par
    l'industrie ?! Pourquoi l'avis de politiques qui n'ont pas de formation
    scientifique vaudrait-il plus que le mien ?
    Il faut
    toutefois reconnaître que la fiabilité du système de sécurité sanitaire a
    été bien ébranlée par le scandale du Médiator...
    C'est
    vrai. Soulignons tout de même que ce n'est pas le même circuit puisqu'il
    s'agit d'un produit de santé alors que l'aspartame est un additif
    alimentaire. Ce n'est donc pas le même organisme qui gère les
    autorisations. Dans le cas du Médiator, je pense qu'il y a
    véritablement eu un déficit de vigilance. Cela ne devrait pas arriver
    mais, hélas, c'est toujours possible.


    A retenir

    L'aspartame a été approuvé par la FDA américaine en 1982
    au terme de plusieurs années de débats et alors que des doutes étaient
    émis par rapport à la fiabilité des études censées prouver son
    innocuité. Il a ensuite été approuvé par les autres pays sur la base de la décision de la FDA. Depuis lors, quelque 92 effets secondaires attribués par les malades à l'aspartame ont été rapportés à la FDA.
    Troubles neurologiques, de la vision, maladies dégénératives,
    fausses-couches, accouchements prématurés, maux de tête, malaises...
    Ces maux sont très variés mais il est difficile de prouver un lien de
    cause à effet. Plusieurs études
    récentes semblent toutefois montrer que l'aspartame pourrait augmenter
    le risque de développer des tumeurs du cerveau, des cancers du sein et
    des leucémies ainsi que d'accoucher prématurément. Les
    autorités sanitaires et françaises se sont finalement engagées à
    regarder ces études de plus près voire demander des études
    supplémentaires.

    Source : l'Internaute santé
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    http://www.bidfoly.com/
     

    Faut-il avoir peur de l'aspartame ?

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